Biographie de Robespierre

 

D’ARRAS AUX ETATS-GENERAUX

 

Maximilien Marie Isidore naît le 6 mai 1758 à Arras de François de Robespierre, avocat, et Jacqueline Carraut, fille de brasseur. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants : Charlotte (1760-1834), Henriette (1761-1780) et Augustin (1763-28 juillet 1794). Sa mère meurt en 1764 : Maximilien n’a que six ans. Dès lors, son père abandonne peu à peu sa famille et son travail : il disparaît bientôt totalement, voyageant aux quatre coins du monde. Recueillis par le grand-père maternel et par des tantes, la pauvreté s’installe dans la famille. Mis au collège d’Arras en 1765, Maximilien se distingue rapidement par son travail : l’évêque d’Arras lui accorde une bourse et il entre en 1769 au collège Louis-le-Grand à Paris. Acharné dans le travail, se mêlant peu à ses camarades, pauvre au point de renoncer à sortir parce qu’il n’avait pas de quoi s’habiller, il est chargé de lire un compliment au roi Louis XVI, de passage devant le collège, en 1776. Maximilien termine ses études de droit en 1781. L’élément essentiel à retenir de cette période est sa « rencontre » avec Jean-Jacques Rousseau : il adhère totalement à sa doctrine et lui restera fidèle jusqu’à la fin.

De retour à Arras, Maximilien est admis comme avocat au Conseil provincial d’Artois le 8 novembre 1781, et dès le 9 mars 1782, il cumule ses fonctions d’avocat avec celles de juge à la Prévôté épiscopale d’Arras. Durant ces sept années qui nous séparent des débuts de la Révolution, Robespierre mène une vie en tout point semblable à celle des jeunes gens de son âge qui exercent des professions libérales dans des petites villes de province. Accueilli dans la « Société des Rosati », cénacle littéraire des beaux-esprits et des femmes cultivées d’Arras, il y tourne des poèmes en compagnie de Carnot ; on lui compte plusieurs projets de fiançailles. En 1784, Maximilien répond à un concours organisé par l’Académie de Metz, attirant sur lui l’attention de quelques critiques. Membre de l’Académie en novembre 1783, il en est élu le directeur le 4 février 1786.

Durant cette période, deux affaires assez retentissantes vont le mettre en vedette. La première est l’affaire dite « du paratonnerre de Saint-Omer » en 1783 : un avocat, physicien amateur avait fait placer un paratonnerre sur sa maison, la population s’en était inquiétée, comme d’un défi au ciel, le bailli local le fait enlever. Robespierre, dans un plaidoyer rempli de références scientifique, prend la défense de son collègue et gagne le procès. La seconde est l’affaire Deteuf, autrement plus importante, puisque Robespierre s’attaque à l’Abbaye des Bénédictins d’Anchin, grande puissance féodale de l’Artois. Non content d’obtenir l’annulation des poursuites engagées contre Deteuf, il intente une action en dommages et intérêts à l’Abbaye toute entière pour avoir couvert les débauches de Dom Brogniart, moine du couvent : pris de peur, le grand-prieur d’Anchin propose une transaction qui termine juridiquement l’affaire. Mais, sans attendre la conclusion du procès, Maximilien fait publier son mémoire dans lequel, véhément et implacable, il cloue au pilori les moines d’Anchin, faisant appel à l’opinion publique par-dessus la tête des juges. La notoriété de Robespierre devient un peu inquiétante et une certaine méfiance s’installe à son encontre.

Le 8 août 1788, les Etats généraux sont convoqués pour le 1er mai 1789. A la fin de l’année 1788, Maximilien publie une adresse « A la nation artésienne sur la nécessité de réformer les Etats d’Artois » : au lieu d’un immense plan embrassant tout, il fait des propositions précises à partir d’exactions précises. Le 23 mars 1789, Robespierre est l’un des douze élus pour participer à l’assemblée générale du tiers état d’Artois, et rédige le cahier de doléances de la corporation des savetiers mineurs d’Arras. Le 29 mars, à la réunion pour la rédaction d’un cahier commun de doléances, Maximilien provoque un scandale en demandant l’indemnisation des artisans qui participent aux travaux de l’assemblée. Mis en quarantaine par les notables, le menu peuple lui porte un intérêt croissant.

Le 26 avril 1789, Robespierre est élu député du Tiers-état d’Artois aux Etats généraux.

Citations

Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

 

En fait de politique, rien n’est juste que ce qui est honnête, rien n’est utile que ce qui est juste.

 

Je suis du peuple, je n’ai jamais été que de là, je ne veux être que cela : je méprise quiconque à la prétention d’être quelque chose de plus.